La montagne : outil éducatif

La montagne, par la dimension du risque et de l’effort, du dépaysement et d’un vécu émotionnel fort, est un outil exceptionnel qui permet de travailler en direct :

  • la dynamique de groupe et la solidarité
  • le dépassement de soi et la prise de confiance
  • la maîtrise et l’estime de soi
  • une nouvelle relation à l’adulte et aux pairs
  • la notion de règles et de limites
  • le sentiment de réussite personnelle

Le dépaysement, l’éloignement des routines du quotidien offrent l’opportunité de vivre un moment hors du commun. En changeant de lieu et de milieu, le participant se trouve confronté à de nouveaux repères, de nouveaux interlocuteurs qui l’accueillent sans préjugés, hors des stigmatisations qui lui collent à la peau. Il va ainsi prendre une distance propice avec son environnement et bouleverser provisoirement sa vision du monde et de lui-même, en découvrant des capacités ignorées.

L’ascension par sa dimension de verticalité, par le fait de s’élever, au-dessus de soi-même, permet de prendre du recul par rapport à soi et à son environnement.

La montagne est un cadre naturellement contraignant et risqué. L’éducateur, l’enseignant ou le soignant se trouve alors délesté de son rôle cadrant et contraignant. Ce déplacement du cadre imposé par le travailleur social à celui qu’impose la montagne modifie non seulement son rôle, mais aussi le rapport du participant à son encadrant. Le participant confronte son comportement aux règles physiques (universelles) posées par la montagne et non plus aux règles (qui lui semblent arbitraires) du travailleur social. Il peut mettre lui-même un sens aux règles de la montagne en flairant l’enjeu réel ou imaginaire de la mort. « Ici, la seule autorité est celle de la montagne », dit un jeune. Tenant sa sécurité entre ses mains, il apprend à reconnaître les enjeux de son comportement face à sa sécurité et à celle des autres.

A l’intérieur du groupe, les rôles entre les pairs se redistribuent. Celui qui était le leader en plaine n’est plus forcément le leader en montagne. De nouvelles compétences apparaissent et de nouveaux rôles peuvent s’assumer. Le regard sur l’autre change. Il est reconnu pour son rôle indispensable à la cordée. Il est pris en considération pour les responsabilités qu’il assume. Il est reconnu dans ses compétences.

Par la grande solidarité qu’exigent les activités d’alpinisme et d’escalade, le lien entre les membres de la cordée prend une dimension toute particulière, génère des émotions nouvelles au niveau de l’attachement et de la confiance. Ce vécu offre un nouveau matériel à échanger le cas échéant à l’arrivée au refuge.